Jusqu’au trépas de ton âme... (S-pritKoKin)
Elle est là devant toi,
Elle te défie d'un regard
Aux éclairs couleur d'acier,
Elle ploie sous tes chaînes,
Elle trépigne sous ton collier,
Elle rue dans tes bracelets…
Et toi un sourire narquois
Au milieu d'un visage goguenard,
Tu crois que rien ne peut arriver,
Que la danse c'est toi qui la mènes,
Qu'à toutes tes envies elle va céder,
Que tous tes désirs, elle va devancer…
Tu es imbu de tes certitudes,
Elle est pleine de sa lassitude,
Tu te leurres de tes illusions,
Elle s'émousse sa passion…
Tu es plein de tes vices,
Elle est vide de ses délices,
Tu penses que tu décides
Du droit de tes rides,
Tu es aussi impavide
Que le désert est aride,
Tu crois ne rien laisser au hasard,
Tu estimes pouvoir tout régenter,
Tu penses pouvoir tout prévoir…
Tu te supposes invincible,
Et de son respect l'unique cible…
Mais imperceptiblement elle s'éloigne,
Et sur elle tu n'as plus de poigne…
Tu as juste oublié qu'un simple mot
Peut planter mieux qu'un poignard,
Tu as juste oublié qu'un simple dard
Peut abattre sans peine bien des héros,
Tu as juste oublié qu'une phrase fine lame
Peut mettre ta poitrine en lambeaux,
Percer la froideur de ton manteau,
Tourner et retourner dans cette plaie
Aussi sûrement qu'un couteau
Jusqu'à te voir t'agenouiller,
Jusqu'à te voir vaciller,
Jusqu'au trépas de ton âme…
(S-pritKoKin – Jusqu'au trépas de ton âme – 25/09/2008 – 20h22)
Gustave Courbet - L'homme blessé (1844-1854)

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